Master 2 Droit des Affaires Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne

comment présenter rapidement le M2 de droit des affaires de Paris 1 ?

Claude Lucas de Leyssac
En donnant la liste des enseignements ?

Ils couvrent toutes les matières touchant l’entreprise dans sa vie économique. Chacun se nourrit de droit interne, de droit communautaire et de droit comparé. Ils vont du droit civil fondamental aux applications les plus récentes de la propriété intellectuelle, en passant par les instruments financiers les plus sophistiqués ou encore par les voies peu explorées de l’interrégulation des marchés. L’image ainsi proposée serait fidèle, mais figée.

En suggérant le mouvement incessant de la théorie à la pratique ?

Tous les professeurs du M2, théoriciens par nature, sont aussi des praticiens par nécessité. Il n’est plus possible aujourd’hui de théoriser le droit des affaires sans une grande intimité avec sa pratique. Mais c’est d’abord dans le creuset de la théorie que les étudiants doivent se forger l’indispensable conscience juridique sans laquelle le droit se dénature en réglementation, et sa pratique en cuisine malodorante. La théorie enseignée dans le M2 guide les étudiants d’autant plus sûrement qu’elle a été nourrie de pratique et qu’ils sont constamment sollicités de se référer à cette dimension essentielle.

En insistant sur ce qui peut passer pour un détail ?

Dans les séminaires, l’accent est mis sur la présentation orale, improvisée ou non, parce qu’elle est un instrument du débat, de la " disputatio " par lesquels progresse le droit. Un regard en arrière permet de mesurer l’enjeu. Depuis longtemps l’image pourrit le langage. Dans les sables mouvants des mots incertains, l’idée est constamment au bord de la noyade. A l’oral elle cherche à surnager par des " j’veux dire " qui parviennent rarement à la sauver ; et à l’écrit, même les mots de la loi deviennent parfois les maux du droit. Pour lutter, il faut revenir à l’essentiel : un sujet, une verbe et un complément, s’astreindre à préciser sa pensée pour pouvoir la communiquer. Cultiver l’oral c’est, en outre, chercher à préserver le droit de l’ennui dans lequel il se délite facilement. Réhabiliter la rhétorique en l’actualisant, en tentant même de la réinventer, est souvent une douleur, toujours un progrès. En se félicitant que la légitime fierté qu’éprouvent les étudiants d’avoir été élus dans cette formation d’excellence pour leurs mérites personnels, réponde à celle des enseignants qui constatent que sur chaque sujet ils peuvent aller jusqu’à la pointe de la recherche juridique en demeurant accompagnés de leurs élèves ? Et que souvent, même à ce stade ultime, une question inattendue vient faire avancer leur réflexion, comme pour les remercier d’avoir donné tout leur savoir.

En évoquant l’éclat des nombreuses thèses soutenues dans le cadre du DEA ?

Ceux qui en ont été les auteurs demandent souvent à revenir dans le M2 pour enseigner et transmettre à leur tour le savoir juridique dont ils ont acquis le goût en son sein. Puisse cette esquisse du M2, fidèle au projet de l’Université, correspondre à l’image qu’en ont de l’intérieur les étudiants et répondre aussi aux attentes de l’extérieur, aux attentes de tous ceux qui comptent sur une formation d’excellence en droit des affaires que, tous ensemble, nous cultivons chaque jour depuis presque trente cinq ans pour l’améliorer sans cesse.

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Claude Lucas de Leyssac - Directeur du Master 2